Artisanat pour tous

index généralcourrielnouveautésconversions

Planche de Ouija

Historique:

L'ère victorienne, c'était l'époque de l'élairage au gaz, les débuts de la photographie et de l'ennui créé par les strictes conventions sociales. C'était aussi l'époque des fées captées en photos, des pendules, des médiums en transe, et des séances pour rejoindre l'au-dela. Le spiritisme était aussi une façon d'amuser les invités dans les soirées de la haute société, tout comme les momies que l'on "débandelait" en présence d'amis, avec un verre de porto à la main.

image
La planche de Ouija commença comme une planchette comprenant 2 petites roues et un crayon. Elle était tenue sur les genoux de deux personnes de faisant face, un homme et une femme, posée sur une tablette à écrire, et chacun des participants la tenaient du bout des doigts. Elle servait d'exutoire pour tous ces non-dits qui pouvaient être enfin exprimés, et passaient pour avoir été proférés par des "esprits". Mais cette technique était longue, les mots écrits pas toujours lisibles et l'intérêt pour ce jeu se refroidit vite.

image
La planchette fut ensuite remplacée par une planche qui comportait toutes les lettres de l'alphabet et les chiffres de 0 à 9. Le 23 janvier 1854, Adolphus Theodore Wagner, un Prussien de Berlin, enregistra à Londres, en Angleterre, le premier brevet d'invention de cette planchette et la nomma "psychographe".

Cette invention devait servir à "lire les pensées des gens de constitution nerveuse". Un français du nom de Allan Kardac en parle ensuite dans son livre "Le livre des esprits" et décrit le psychographe comme un instrument pour communiquer avec le monde des esprits. Kardac était un pseudonyme pour Hypolyte Léon Denizard Rivail, médecin et fondateur du spiritisme en France. La planche des spiritualistes était entrée dans les livres d'histoire mais avant de parvenir à nous, elle changera de nom et de fonction.

Aux États-Unis, les soeurs Kate et Margaret Fox, considérées commes les créatrices du mouvement spiritualiste du continent en 1848, communiquaient avec les "esprits" par de petits coups en réponse aux questions, et bien que leurs noms soient associés à la planche Ouija, elles ne s'en servaient pas. Plus tard, les deux soeurs furent accusées d'avoir trichées et mourrurent finalement dans la dèche.

Le brevet d'invention, seul reconnu aux États-Unis, est attribué à William Fuld en 1901, un employé de s entreprises de jouets de Charles Kennard et Elijah Bond, à qui il a volé l'idée vers 1890, soit d'ajouter un indicateur troué (avant cela, on utilisait une planchette qui pointait). Puis Fuld en a fait la commercialisation dans sa propre compagnie de jouets en 1901 sous le nom de planche Ouija. Fuld prétendait que c'était le nom qu'un esprit lui avait communiqué par la planche, que c'était un mot égyptien qui signifiait "chance". Il n'en est rien, mais le nom est resté. En fait, le nom vient de "oui" en français et en allemand, "oui" et "ja", ce qui sonne très "étranger" pour un anglophone.

De plus en plus loin du spiritisme, Fuld commercialisait des jeux pour enfants et adultes, comme des jeux de poches, des meubles de poupées, des tables de billards. Il n'a pas cessé de se battre contre les copies de son jeu de Ouija durant toute sa vie, puis à sa mort en 1927, sa famille reprit le flambeau. La compagnie Fuld fut ensuite vendue à Parker Brothers en 1966, compagnie qui continue de produire ce jeu à nos jours. La compagnie a changé de nom, mais pas le produit, et elle détient encore les droits de marque, mais ceux-ci ne sont pas internationaux, et ne couvrent que la forme exact du jeu vendu. Ainsi, maintenant, n'importe quelle variante peut être produite sans souci de poursuites et c'est pour cela qu'on en trouve autant de variétés.

Le Ouija d'aujourd'hui peut être en carton glacé (comme le jeu commercial américain), en bois verni, en pierre, en verre... en n'importe quelle matière solide et lisse sur laquelle la planchette peut glisser aisément. Mais le bois est encore le favori pour les planches faites sur demande.


Faites votre propre planche Ouija

Vous pouvez acheter une planche de bois avec une belle bordure préusinée, dans plusieurs formes. Même le dessus d'une petite table fera l'affaire. Mais ne vous en tenez pas au bois! Vous pouvez utiliser un carton solide sous un morceau de plexiglass, une grande pierre plate, un morceau de verre, etc. Soyez créatif!

Pour la planchette, il est toujours possible d'en acheter une toute faite, mais vous pouvez également en faire une en bois avec de petites pattes et un trou au centre. Ce qui vous permettra de choisir la forme de votre planchette: coeur, hexagone, etc. Vous pouvez également vous passer de pattes, prendre un morceau de bois, creuser un trou au centre et recouvrir le dessous de feutre pour qu'il glisse bien. Et naturellement, la coupe de verre renversée est toujours une option, en autant qu'elle soit bien transparente pour que les lettres et chiffres soient visibles en dessous.

Pour les lettres et chiffres, vous avez également plusieurs options.

La pyrogravure permet autant de faire les lettres que des dessins autour de la planche pour la personnaliser. Il suffit de se rappeler de ne pas toucher les pièces métalliques du pyrograveur car elles sont chaudes, de mettre la pointe sur une surface résistante à la chaleur lorsque vous n'en avez pas besoin et à la fin, pour la faire refroidir, etc.

La peinture fait aussi de belles lettres et des décorations. L'acrylique se travaille très bien sur le bois.

Une autre option est le découpage, soit pour les lettres, les motifs autour, ou les deux. Quelques couches de polyuréthane protégeront le tout par la suite.

Voici un exemple vite fait et à peu de frais:

Fournitures:

  • Un grand carton à affiche (Bristol ou Mayfair)
  • Des ciseaux
  • Une règle
  • Un crayon au plomb et une efface
  • Du papier de couleur ou des lettres imprimées à découper
  • Un crayon feutre en noir ou toute autre couleur foncée
  • Un verre en vitre claire


Commencez par écrire toutes les lettres de l'alphabet et les chiffres de 0 à 9 sur du papier de couleur ou imprimez-les. Ajouter aussi les mots: oui, non, au revoir. Certaines expressions facultatives sont: "je ne sais pas", "peut-être".

Découpez le tout.

Centrez trois lignes sur la carte: deux pour les lettres, de A à M puis de N à Z, et une troisième pour les chiffres.

Si vous voulez les faire en demi-cercle comme sur les planches anciennes, prenez un crayon et un bout de ficelle. Marquez le centre de la carte par un petit point au crayon et le début de la hauteur de chaque ligne sur le côté (droit ou gauche). Attahcez le crayon au bout de la ficelle. En prolongeant la ligne centrale du carton, placez le fil de telle sorte que le crayon touche à la première marque de ligne sur le côté. Tracez une ligne jusqu'à l'autre côté en gardant la ficelle tendue et sans la déplacer. La ligne sera courbe. Faites-en deux autres.

Placez les lettres et chiffres découpés sur les lignes, puis quand l'espace entre eux est acceptable, tracez-les au crayon feutre. ATTENTION: Les chiffres et lettres doivent être assez espacés pour que le verre puisse les englober une à une.

Ajouter les mots oui et non en haut de la carte, oui à gauche et non à droite. Puis ajouter "au revoir" en bas, centré, puis tracez-les au crayon feutre. Ajoutez des élements décoratifs au goût.

Pour un jeu plus permanent, la carte peut être plastifiée. Pour un jeu personnalisable, dessinez les lettres, mots et chiffres sur des cartons individuels, et recouvrez le tout d'une plaque de plexiglass. Vous pourrez alors mettre plus de mots et les changer au besoin.


Comment jouer:

Chaque participant touche de la pointe des doigts le bord du verre renversé. Au départ, vous déplacerez le verre tous ensemble pour "vous réchauffer", puis quelqu'un pose une question. Est-ce que le verre bouge de lui-même, ou est-ce l'un des participants qui le fait bouger? Et si oui, est-ce un esprit qui pousse ses doigts, son subconscient ou son imagination?

Le nombre de joueurs dépend de l'espace possible pour les doigts sur la surface du verre retourné, et comme c'est un jeu "social", il n'y a pas de pointage, de gagnant ou de perdant.




Cette page fait partie du site "Artisanat pour tous" © (année en cours). Toute utilisation à des fins commerciales, ainsi que l'archivage du site, en tout ou en partie, sont strictement interdits.

Le texte est subjectif. L'auteur ne se tient pas responsable des accidents qui pourraient subvenir en cas de négligence, des erreurs typographiques (ou de traduction), ou de la disponibilité des pages.
Tous les documents sont publiés ici uniquement pour des raisons éducatives et informatives. Aucune permission n'a été demandée ou accordée pour la diffusion, la traduction ou la modification des documents utilisés.